À un Switch du bonheur !

Entrepreneur

À l’occasion de la journée internationale du bonheur, Fred met en avant le témoignage de Switch qui, avec son programme “Fais le bilan”, contribue à faire de l’entreprise un monde meilleur. Béatrice, l’une des deux co-fondatrice, nous explique comment.

📯 Fred : Switch et Fred se sont rencontrés lors d’un petit déjeuner organisé chez Volumes en 2015 et ne se sont plus vraiment quittés depuis. Peut être est-ce parce que d’une certaine façon, ils oeuvrent tous les deux pour le bonheur de leur communauté, Switch avec les salariés et Fred avec les entrepreneurs ?

🎉 Béatrice Moulin : En effet, on a rencontré Romain en septembre 2015. Il faisait des opérations de communication assez chouette où il apportait des petits déjeuner dans des espaces de coworking. Et j’étais chez Volumes à l’époque, au sein du bureau de Ouishare.

C’est vrai qu’on aurait pu aborder le switch des salariés de manière individuelle mais on a préféré le faire de manière collective, pour pouvoir créer cet espace de partage qui manque souvent lorsqu’on est plus forcément bien dans nos jobs. On a tendance à garder cette réflexion pour soi et à ne pas trop savoir quoi faire. Du coup le fait de pouvoir échanger et de pouvoir partager était essentiel. Au delà de la dimension collective, il fallait aussi créer une vraie communauté, pour faire bouger les lignes, créer du partage et de la pensée. On voulait aussi ajouter du fun autour de ça, créer un mouvement où on avance avec les autres pour en faire un moment de vie sympa !

📯 Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours, les valeurs qui vous animent et ce qui vous a poussé à créer Switch ?

🎉 Avec Clara on a des parcours qui, à la base, sont assez similaires et plutôt classiques. Sorties d’école de commerce, on a toutes les deux eu une crise de sens. Pour y répondre, Clara a par exemple décidé d’oeuvrer pour le bien public. Quant à moi j’ai enchaîné les stages avant de me rendre compte que je ne fitais dans aucune case. Après l’école j’ai donc enchaîné sur une fac de socio avant d’embrayer sur des jobs qui étaient un peu atypiques. D’abord pour un tout petit cabinet de conseil en stratégie et innovation dans lequel j’étais le premier salarié, donc il y avait une dimension intellectuellement challengeante dans une structure à taille humaine.

L’éducation qu’on a reçu nous a appris à viser le meilleur en soi, sans jamais viser le meilleur pour soi.

C’était ma façon de trouver du sens et je me suis rendu compte que ça ne me convenait pas complètement et que j’avais aussi besoin de gagner en qualité de vie. Alors j’ai eu envie de passer de l’autre côté parce que j’avais l’impression de ne jamais voir le résultat et l’impact de ce que je faisais. Je suis passée dans un grand groupe, chez Rémy Cointreau, ce qui n’avait absolument rien à voir. Et là ça a été plutôt l’inverse. On avait un beau cadre de vie, c’était super et on voyait les projets avancer mais c’était aussi très politique, ce qui pouvait engendrer beaucoup de freins.

Alors après ça j’ai intégré une agence de com. C’était un peu le job dont je rêvais lorsque j’étais en école, même si je m’interdisais d’y aller parce qu’on nous répétait souvent qu’on était trop jeune ou qu’on manquait d’expérience pour aller au planning stratégique. Et je me suis rendu compte que ce n’était plus le job dont je rêvais à ce moment là. Donc pareil ça ne collait plus vraiment.

On a aussi réalisé qu’il y avait vraiment quelque chose à créer pour aider les gens à bien vivre cette période de transition et les aider à imaginer le parcours qui, intimement, leur ressemble.

Clara et moi on s’est retrouvée avec des jobs intéressants sur le papier mais qui nous correspondaient pas vraiment pour autant. Alors on s’est posé la question de savoir par quoi commencer et comment faire lorsqu’on voulait se reconvertir. Et on a aussi réalisé qu’on était loin d’être les seules. Parmi notre entourage il y avait énormément de gens comme nous. Les études stipulent d’ailleurs que 91% des salariés sont en phase de questionnement. Et personne ne savait non plus par où commencer.

Donc quand on a commencé à se renseigner sur le sujet, on a réalisé qu’il y avait toute une série d’aspiration nouvelles. On ne cherchait pas simplement un gagne pain mais on avait aussi envie d’un job qui nous passionne, qui nous challenge et qui nous nourrisse, pas seulement financièrement mais aussi intellectuellement. Bref un job qui ait du sens et où l’on puisse exprimer tout notre talent, toutes nos potentialités. Où l’on se sent utiles. On était donc nombreux à vouloir le faire et personne ne semblait vraiment savoir comment faire. Parce que quelque part le problème, c’est qu’on a absolument pas été câblés pour ça. L’éducation qu’on a reçu nous a appris à viser le meilleur en soi, sans jamais viser le meilleur pour soi. C’est à dire définir ses critères propres qui nous permettent de nous dire, j’ai envie d’aller vers ça ou vers cette option là. Et on a aussi été élevé dans la culture de la stabilité du CDI. On nous a promis qu’en suivant le bon plan de carrière, qu’en cochant les bonnes cases, on aurait une stabilité à vie grâce au CDI. Du coup le corollaire à ça c’est que pour nous, quitter le CDI c’était l’instabilité et instabilité rimait avec précarité, ce qui était une source d’angoisse énorme. Ca nous a permis de nous rendre compte qu’il y avait toute une série de facteurs qui ne nous aidaient pas. On a aussi réalisé qu’il y avait vraiment quelque chose à créer pour aider les gens à bien vivre cette période de transition et les aider à créer le parcours qui, intimement, leur ressemble.

📯 Face au découragement croissant des actifs, vous proposez un nouveau paradigme qui stipule en somme que la productivité d’une entreprise dépend principalement du bonheur de ses salariés. Qu’est-ce qui, selon vous, rend ces derniers plus productifs ?

🎉 J’ai l’impression que les groupes, au sens large, qui réussissent sont ceux où chacun est aligné par rapport aux projets et aux missions que ce projet leur donne. C’est cet alignement qui rend les gens heureux et les font se sentir à leur place. Donc la question c’est surtout de savoir comment les entreprises peuvent permettre à chacun d’être à sa place, de se sentir utile et du coup d’avoir le sentiment que ce que l’on fait a du sens pour soi.

C’est vraiment l’histoire qu’une personne se raconte qui fait que son job a du sens pour elle. Tout l’objet du switch, c’est cette réappropriation de son pouvoir d’action.

Parce qu’un job n’a pas du sens en soi. Par exemple il y a cette étude américaine qui demande à des gens, issus d’univers très différents, à quel point leur job a du sens en soi, et le résultat est assez édifiant : c’est exactement la même proportion, que les gens soient cadre d’entreprise ou balayeur. Donc c’est vraiment l’histoire qu’une personne se raconte qui fait que son job a du sens pour elle. Tout l’objet du switch, c’est cette réappropriation de son pouvoir d’action. C’est redevenir acteur de sa propre trajectoire alors que toute l’éducation qu’on a reçu se résume en substance à “suis la voie que la société et que tes pairs offrent sans te poser de questions”.

S’il y a bien une certitude, c’est que l’incertain est devenu certain.

Et aujourd’hui on se rend compte qu’avec les nouvelles technologies, 50% de ces voies toutes tracées et des métiers n’existeront plus dans 10 ans.

Elles ne sont plus une garantie de réussite ni une garantie de stabilité et de sécurité. Les gens se détachent de ça et se posent donc la question de savoir ce qu’ils ont envie de faire. Ils ont envie de connaître leur cheminement en découvrant ce qu’ils peuvent apporter d’unique dans ce monde.

📯 Quels conseils vous donneriez aux chefs d’entreprise qui souhaitent encourager l’épanouissement de leurs salariés ?

🎉 Il y a une citation de Jim Morrison qu’on aime beaucoup chez Switch et qui dit “There can’t be any large-scale revolution until there is a personal revolution”. Du coup en tant que chef d’entreprise, il s’agit de créer le cadre qui permet à chacun de redevenir acteur de sa propre trajectoire et de se réaligner pour être plus heureux dans ce qu’on fait. Mais ce sera toujours une démarche personnelle.

Cette métaphore permet de critiquer cette volonté de tout planifier, qui consiste finalement à enfermer le vivant.

Chacun a son propre tempo, son propre cheminement et à aucun moment on ne peut imposer cette réflexion. Il faut donc instaurer les conditions favorables qui permettent d’avancer au mieux… De façon toute subjective, tu peux aussi leur conseiller de faire Switch Collective pour leur permettre de se réaligner ! Ahah.

📯 Dans l’une de vos publications, vous comparez l’organisation Opale à un organisme vivant… Quelles sont ses fonctions vitales ?

🎉 On la compare en effet souvent à un organisme vivant parce que Frédéric Laloux s’inspire beaucoup du fonctionnement du vivant dans son bouquin qui décrit l’organisation Opale. Pour parler des projets, il décrit notamment de la façon dont les cellules s’adaptent aux contraintes et aux ressources de leur environnement. Cette métaphore permet de critiquer cette volonté de tout planifier, qui consiste finalement à enfermer le vivant. Alors qu’on sait tous que ces façons de penser ne fonctionnent plus du tout. On se dit également que de toutes manières avec ce qui est en train de se passer en ce moment, on est entré dans une ère de l’incertain et que s’il y a bien une certitude, c’est que l’incertain est devenu certain.

L’idée, c’est de planter des idées, des graines, et de voir laquelle poussera.

On ne peut plus créer de stratégies sur le long terme. C’est pour ça qu’il s’inspire du vivant. Aujourd’hui Opale est une des formes d’organisation qui fonctionne le mieux et qui est la plus foisonnante. A vrai dire elle crée plus de valeur qu’elle n’en consomme. C’est un exemple qui est super inspirant et super riche. Cet exemple induit également une part de “lâcher prise”, ce qui correspond assez bien à ce que l’on fait avec Switch. C’est un peu comme si on sortait d’un siècle de rationalisation scientifique poussé à l’extrême et qu’on cherchait maintenant à revenir en arrière, en réapprenant à lâcher prise et en voyant ce qui se crée dans ces moments là. L’idée, c’est de planter des idées, des graines, et de voir laquelle poussera. On ne peut plus tout anticiper.

📯 Quelles sont les raisons les plus fréquemment évoquées par les switcheurs pour se lancer dans l’aventure ?

🎉 La crise de sens est vraiment la raison la plus fréquemment évoquée. Ensuite il y a aussi beaucoup de gens qui se disent que ce qu’ils font est chouette mais qu’ils ne se sentent pas à leur place. Il y a le fait qu’à un moment donné, on a également envie de se sentir utile ou d’avoir plus d’impact que dans des organisations plus classiques. Ca donne l’impression de ne pas avancer alors qu’on est dans la force de l’âge.

Ce qui peut vite devenir assez frustrant. Ou bien un événement, la naissance d’un enfant par exemple, peut aussi faire que ce qui avait du sens il y a 6 mois ou quelques années n’en a plus aujourd’hui. Ca part toujours d’une situation très personnelle mais c’est aussi toujours en phase avec le sentiment de ne plus être en phase avec ce que l’on fait, ce qui crée une situation que l’on ne sait plus vraiment gérer.

📯 Parmi les nombreux actifs dont vous avez accompagné la reconversion professionnelle, avez-vous des exemples de réussite particulièrement flagrants ou des switch réussis qui, au commencement, paraissaient improbables ?

🎉 On a vraiment plein d’exemple de Switch ! Et ce qui est chouette c’est qu’on commence justement à avoir pas mal de résultats. On s’est rendu compte que dans les 6 mois il y a à peu près 70% d’une promo qui switch. C’est très encourageant ! On a des profils assez variés. Il y a par exemple une personne qui bossait chez EDF depuis plus de dix ans et qui a tout plaqué pour monter son bar. On a aussi des Switch comme Émilie qui était déjà co-fondatrice de sa propre startup avant d’avoir eu envie d’en monter une autre, en l’occurrence Feminalink, qui est un super réseau de network pour les nanas !

Il y a autant de switch que d’histoires individuelles !

Il y a des personnes qui passent de grands groupes à des startup, d’autres qui ont envie de réinventer leur job au sein de leur boîte. Par exemple Dominique qui était auditeur chez Mazars. Grâce au programme, il s’est aperçu que ce qui le faisait vibrer c’était de savoir comment on pouvait favoriser le bonheur, le bien être et la productivité d’une équipe. Du coup il est en train de développer toute une offre de coaching agile à destination des individus pour qu’ils se sentent mieux au sein de leur équipe et que derrière, leur équipe travaille mieux. Tout ça chez Mazars. Il y a des switch internes, des switch externes d’autres beaucoup plus radicaux. Il y a autant de switch que d’histoires individuelles !

📯 Justement, j’ai vu sur votre site qu’il existait plusieurs types de switcheurs (corporate, entrepreneur, radical, slasheur…), pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces différentes catégories ?

🎉 Tout à fait, donc Corporate c’est en interne : je réinvente mon job en interne, ou en changeant de structure mais tout en restant dans le milieux corporate. Entrepreneur, je monte ma boîte.

En fait on a réalisé que la perte de sens au travail ne concerne pas seulement les millenials, mais 91% des actifs. C’est encore plus large que les générations X ou Y.

Le Radical change complètement de métier, de secteur, de job et de façon de travailler. Le slasheur, quant à lui, se lance comme indépendant et pour devenir multi-actif.

Et il n’y a qu’un seul programme pour tous ces slasheurs parce que finalement le processus de réflexion est identique, même si le résultat est éminemment singulier.

📯 Pour les gurus de la communication, la décentration est devenu le maître-mot. Cette théorie issue des sciences sociales permet de mieux cerner les millenials et mise entre autre sur le développement de l’intelligence collective et de la collaboration, qui sont des valeurs chères à cette nouvelle génération. Grâce à votre expertise en matière d’évolutions au travail, êtes-vous en mesure de fournir des pistes qui permettent d’appréhender les attentes de ces futurs actifs ?

🎉 En fait on a réalisé que la perte de sens au travail ne concerne pas seulement les millenials, mais 91% des actifs. C’est encore plus large que les générations X ou Y. Comme ce sont ceux qui sont les plus détachés des anciennes façons de faire, ce sont ceux qui partent le plus vite et constituent donc le phénomène le plus visible.

C’est un peu la partie émergée de l’iceberg. Ce qui explique qu’on a vraiment pas que des gens issus de la génération Y. Nos promos vont en quelque sorte de 7 à 77 ans ! Ca va du jeune diplômé à des personnes qui ont la cinquantaine, à qui il reste 15 ans de vie professionnelle et qui ont envie de se faire kiffer ! Ce n’est pas qu’un phénomène générationnel.

📯 Si vous deviez mesurer votre propre bonheur au travail sur une échelle allant de 0 à 10, à quoi correspondraient les trois derniers échelons ? Peut-être avez-vous de nouveaux projets ?

🎉 Sur le dernier tiers, je dirais : savoir qui on est et comprendre quel est son “super pouvoir” pour ensuite le mettre au service de son projet.

Donc déjà être aligné avec ça et ensuite c’est c’est aussi un équilibre de chaque instant. Savoir qui on est, ce qu’on veut puis prendre en compte que ces attentes sont vouées à évoluer. C’est comme si nos envies, nos besoins et nos aspirations changeaient en permanence. Ce sont ces fameux cycles que l’on va performer, exploiter et trouver absolument génial parce qu’on va apprendre énormément de choses et se sentir à sa place avant de ressentir plein de petites frustrations. Notamment parce qu’on a passé la phase d’apprentissage et que la routine reprend le dessus. Il faut alors se demander ce qu’on va ajouter de nouveau pour se sentir épanoui.

📯 Fred vous accompagne depuis vos débuts, quelle est la nature de votre relation ? 🙂

🎉 Excellente, évidemment ! Ahah. Ce qui est certain c’est que Clara et moi sommes des phobiques administratives, du coup il y a plusieurs choses qui nous ont plus dans Fred. D’abord le fait que Fred dépoussière en quelque sorte la comptabilité et apporte également beaucoup de facilité. Notre objectif est clairement de passer le moins de temps possible sur la compta ! Utiliser le scanner nous facilite la vie, ça nous permet de gagner du temps et d’avancer. On a beaucoup aimé le concept auquel on a tout de suite adhéré. Ça nous aide au quotidien et nous sommes ravies !

Si vous aimez Fred n’hésitez pas à partager et à le recommander !