E-commerce : ces marques qui bousculent les codes

Entrepreneur

Depuis quelques années, internet incite les entrepreneurs à créer leur entreprise sans avoir à supporter le coût d’une boutique. Le digital et son immédiateté leur permet également de tester leurs idées et leurs produits et de s’adapter dans la foulée, leur donnant la liberté de créer des marques inspirées de leur propre vécu.

En 2016, selon une étude de la Fevad, la fédération française du e-commerce et de la vente à distance, le chiffre d’affaires du e-commerce français s’établissait à 72 milliards d’euros, soit une population d’environ 200 000 sites marchands. Avec un panier moyen d’environ 70 euros par personne et par an, les internautes français ont plutôt bien intégré dans leurs habitudes de consommation les achats sur Internet. Les 36 millions de français rompus à cet exercice réalisent en moyenne par an 28 transactions. Plusieurs facteurs expliquent cet engouement autour de la vente sur le web. Tout d’abord, l’expérience d’achat sur les sites e-commerce n’a parfois plus rien à envier aux magasins physiques. Il est possible de voir le produit sous toutes ses formes (photos à 360°) et d’en connaître sa composition exacte et ses spécificités grâce à des fiches ultra-détaillées. Au pire, si le client n’est pas satisfait il peut souvent le renvoyer sans frais, une pratique qui a fait par exemple le succès du site e-commerce de mode Asos. Ensuite, le parcours client sur ces sites est sans cesse optimisé : facilité d’achat et de règlement, paiement sécurisé, livraisons rapides et gratuites à partir d’un prix plancher… Enfin, sur Internet le client est encore plus “royaliste que le roi” puisqu’il peut en quelques clics établir un véritable “benchmark” de ses achats, établir des comparatifs de prix et ainsi faire de substantielles économies.

Du “pure player au click and mortar”, le parcours classique des nouvelles marques émergentes

Autre incitateur à l’achat en ligne, le paiement directement via son smartphone, ou m-commerce, qui se démocratise de plus en plus. Sur les 72 milliards d’euros de chiffres d’affaires, 16% a été réalisé via un smartphone et cette part augmente année après année. Prenons un cas d’école, la manière dont Instagram, plus d’un milliard d’utilisateurs s’il vous plaît, réussit à monétiser son audience. Véritable vitrine pour les marques, ce réseau social a mis en place plusieurs fonctionnalités pour permettre à ces dernières de provoquer l’acte d’achat. Par exemple la fonction « swipe up » qui permet à l’utilisateur d’accéder directement au site internet à partir des stories, mais aussi les tags des produits sur les posts qui affichent les prix et renvoient directement sur le site internet… autant de pratiques qui poussent inexorablement à l’achat et s’installent durablement comme des usages.

Avec autant de facilités pour attraper, séduire et faire consommer les clients, les marques uniquement présentes sur Internet ne se comptent plus sur les doigts d’une main.

En marketing, on les nomme les pure players, c’est à dire une marque ne possédant pas de boutiques physiques mais qui utilisent exclusivement le canal digital pour vendre et se faire connaître. Cette stratégie peut s’avérer payante sur plusieurs domaines : économies d’échelles, réductions des stocks… Les plus sceptiques vont sûrement répliquer qu’il est compliqué de nouer un lien étroit avec le consommateur sans aucun contact physique avec lui… Pas nécessairement, les réseaux sociaux sont les lieux où l’on fait du lèche-vitrine de nos jours que ce soit dans les transports en commun, à notre pause déjeuner ou le week-end. Bien souvent la boutique physique n’est qu’un plus pour une marque déjà bien installée et ancrée dans l’esprit du consommateur. C’est alors qu’elle bascule du modèle pure-player au modèle click and mortar. Ce vocable désigne les marques qui possèdent à la fois une boutique physique et un site internet marchand.

Quand l’intelligence artificielle s’en mêle

Partie pour révolutionner l’ensemble de notre modèle productif, l’intelligence artificielle joue un rôle non-négligeable dans le succès exponentiel des sites e-commerces. Les marques ont à leurs dispositions des outils d’analyses précis du parcours client, des données qui sont beaucoup plus poussées qu’en magasin. Sur un site, grâce à l’IA, la marque connaît de nombreuses informations : pages visitées, temps restées, ordre de la navigation… Pour avoir la même chose en magasin, il faudrait analyser avec des caméras intelligentes les mouvements du client entre les rayons… Avec ces données, les sites peuvent alors modéliser des comportements d’achat et ainsi proposer un site sur-mesure selon la personne. L’IA dans le e-commerce n’en est pour le moment qu’à ses balbutiements mais la marge de progression est énorme, dans quelques années on passera d’une consommation devinée à un achat anticipé par les marques. Mais croire que lancer un pure player à succès est une mince affaire serait une erreur. Au delà des outils, il faut que la marque propose, comme dans le retail traditionnel, une histoire et une identité forte.  

Chez Fred, nous sommes persuadé que le digital ne permet pas de s’astreindre d’idées neuves, mais simplement de les galvaniser. Nous avons donc fait un tour de table afin de vous proposer une sélection pointue des nouveaux e-commerces que nous apprécions particulièrement.

Dear Muesli fait rimer nutrition et intelligence artificielle    

Dikom, Sylvain et Bakang ont certainement la même madeleine de Proust. Ces « Muesli Boys » comme ils se surnomment, ont grandis avec de délicieux petits-déjeuners faits maison par leurs mères. Pas de céréales industriels, pas de chocapic, pas de graisses saturées et du coup, pas de coup de barre d’énergie à 11h. Leurs matins étaient rythmés par le “crouch” et le “crotch”, le bruit du homemade muesli qui craquait dans leurs bouches. Avec leurs recettes gourmandes, Dear Muesli veut prouver qu’il est possible de manger sain et bon, que le goût n’a pas à être sacrifié sur l’autel du healthy. Leur philosophie ? « Se faire plaisir en se faisant du bien ». En vrais passionnés, ils élaborent eux-mêmes leurs recettes dans leur atelier en Île-de-France et tout est préparé de façon artisanale. Leurs ingrédients tels que le granola et les fruits secs sont certifiés bio et ils se fournissent chez des entreprises engagées dans le développement durable, majoritairement françaises et européennes. Leurs recettes sont variées et pour tous les goûts, pour les amoureux du chocolat, dirigez-vous sur le pack Chocolate Kiss, si vous préférez les noisettes, optez pour le pack Nutty by nature. Pour vous procurer leurs recettes, vous pouvez les faire livrer directement chez vous, par achat à l’unité ou par abonnement, ou vous rendre chez leurs distributeurs partenaires comme Monoprix ou chez Season dans le Marais. Leur point fort ? DM+, un algorithme qui vous créé votre muesli sur-mesure selon vos goûts, vos restrictions, votre mode de vie, vos carences et vos objectifs santé ! En attente de lancement, son fonctionnement est très simple : vous répondez à un questionnaire et l’intelligence artificielle vous concocte deux recettes personnalisées parmi 500 millions de possibilités, que vous recevez tous les mois chez vous. Bien sûr, si la recette ne vous plait pas, vous êtes parfaitement libres d’ajuster ces recommandations et ainsi de créer votre propre madeleine de Proust.

Feed, la smart-food des hyperactifs

Vous vivez à 100 à l’heure ? Vous n’avez pas le temps de cuisiner ? Vous n’avez pas pour autant envie de manger des plats industriels sur le pouce gras et mauvais ? Vous n’avez pas non plus envie de sauter un repas et de tomber en syncope en fin de journée ? Parfois, l’agenda impose à nos corps un rythme d’enfer, et les repas deviennent une formalité qu’on remplit avec peu d’attention. En fondant Feed, Anthony Bourbon a souhaité apporter une seule réponse à autant de problématiques. Son idée est de proposer un repas complet sur le plan nutritionnel, sain et gourmand. Sous forme de barres nutritives ou de boissons, les recettes Feed apportent tous les besoins en vitamines nécessaires à chaque repas. Mieux encore, ces recettes portent fièrement toute une flopée d’étiquettes qui rassurera votre esprit et votre corps : vegan, sans gluten, sans lactose, sans OGM et à partir de matières premières naturelles de qualité. Pour en arriver à ce résultat, le fondateur s’est entouré de chefs cuisiniers, de nutritionnistes, et d’ingénieurs agro-alimentaire afin de proposer le meilleur des légumes et des céréales, et bien sûr en préservant  le goût des aliments. Pratique, vous n’avez qu’à glisser une barre Feed dans votre poche ou rajouter de l’eau à la poudre et vous voilà devant un repas rapide, savoureux et équilibré. Serez-vous plus barre noix de coco-chocolat ou boisson carottes et potiron ? Fort de son succès, la start-up s’est rapidement développée à l’international et s’est même associé au célèbre Thierry Marx. De cette collaboration avec le chef étoilé est née plusieurs recettes dont la “Fraise Basilic”, un énorme succès de ventes. Il ne vous reste plus qu’à découvrir les recettes bio du chef deux étoiles. D’ailleurs, la start-up a récemment annoncé sa troisième levée de fonds de 15 millions d’euros pour poursuivre son développement. Leur prochain objectif ? S’attaquer au marché nord-américain.

Le Slip Français, l’entreprise Made in France qui vous fait changer de slip

L’histoire du Slip Français risque de devenir bientôt un cas marketing dans de nombreuses écoles de commerce tant la communication digitale de cette start-up s’appuie sur un storytelling bien ficelé. La force de ce site e-commerce est d’avoir su anticiper le retour en force du “Made in France”. En 2011, bien avant qu’Arnaud Montebourg, pose en marinière à la une du Parisien magazine, Guillaume Gibault décide dans un atelier de la Drôme de fonder une marque de sous-vêtement 100% tricolore. Français dans son image, son nom et surtout dans sa production entièrement réalisée dans l’Hexagone. Ses slips sont fabriqués à côté de Lille, ses maillots de bain en Bretagne et ses chaussettes près de Limoges. L’entreprise s’appuie alors sur un réseau régional d’artisans, 27 fournisseurs différents au total, pour fonder son histoire. Vendus uniquement sur internet dans un premier temps, le succès est rapidement au rendez-vous. La marque explose véritablement en 2012 grâce à une astucieuse campagne de communication qui reprend les slogans des candidats à la présidentielle. Eh oui, « Le changement de slip c’est maintenant ». Le buzz prend et on voit Guillaume Gibault partout sur les réseaux sociaux en train de livrer lui même ses slips français aux personnalités et aux hommes politiques de tous bords. Prêt-à-porter féminin et masculin, ouvertures de boutiques et collaborations prestigieuses (Roland Garros, Saint James…), en 7 ans, la marque s’est imposée comme la référence en matière de fabrication Made in France et de sauvegarde d’un savoir-faire qui tend à disparaître. Fer de lance du retour en force de l’artisanat auprès de la génération Y, le Slip Français a été élu start-up de l’année 2018 lors du Grand Prix organisé par le magazine Chefs d’Entreprise. Une consécration, une de plus, pour une entreprise qui avec ses moyens tente de faire bouger les choses comme le résume parfaitement un de ses slogans. « Vous voulez changer le monde ? Commencez par changer de slip« .

Jimmy Fairly, le business model de l’altruisme

Persuadé que la vue ne devrait pas être un luxe, Antonin Chartier et Sacha Bostoni  décide en 2010 de donner un gros coup de pied dans la fourmilière du monde l’optique. Il faut dire que ce secteur, jalousement gardée par une poignée de grands groupes, imposent depuis des décennies des prix relativement élevé. En s’affranchissant de la chaîne d’intermédiaire du métier, qui à tendance à plomber la facture, les deux amis décident de créer une griffe de lunette de soleil ou de vue à partir du prix plancher de 99 euros. Fabriqué en Italie, les montures sont design et robuste et surtout dès qu’une paire est vendue, l’entreprise s’engage à donner une paire de lunette neuve à une personne dans le besoin grâce à un réseaux d’association partenaires. Quand on sait que 733 millions de personnes vivent avec des problèmes de vues dans le monde, ce business model, basé sur l’altruisme et la bienveillance, prend tout son sens. Ce n’est pas pour rien que le mot anglais Fairly se traduit par équitable en français. Grâce à plusieurs levées de fonds, Jimmy Fairly a pu se développer et ouvrir des boutiques en propre, un corner au Bon marché et développer une offre de lunette personnalisable. En alliant impact social positif, style et petits prix, Antonin et Sasha ont trouvé l’équation parfaite. Que l’on soit myope ou astigmate, on ne peut que le voir.  

Noir Gaazol, le concept store qui a la bougeotte

Si Noir Gaazol était un chemin, l’entreprise serait assurément une autoroute à plusieurs voies. A la fois e-commerce, concept-store, aménagé dans un camion, tricycle écolo, coffee shop et galerie d’art, cet start-up prend la route en 2010. Créé par un couple de trentenaire, Angéla et Antoine, Noir Gaazol propose une sélection d’objets de marques émergentes, des accessoires et des vêtements vintages soigneusement sélectionnés. Des cirés danois Rains en passant par les cahiers Papier Tigre ou encore  les bijoux en plexi Helmut, cette entreprise se balade et pose son roadshop de 22 m3 sur les marchés. Pour le moment, leur tricycle noir, chic et modulable a du mal à obtenir des autorisations de stationnement de la mairie de Paris. Leur rêve ? Pouvoir s’installer durablement sur les bords de la Seine afin de proposer, au milieu des cabanes attrape-touriste, une offre de commerce itinérante viable. Pour les rattraper, nous vous conseillons de suivre leur itinéraire sur leur page Facebook.

Avec l’amélioration et la création incessante de nouvelles technologies, et l’émergence de nouvelles tendances, nous pouvons avancer sans trop de risques que nos habitudes de consommations actuelles sont bien différentes de celles que nous aurons d’ici quelques années. Chez Fred nous avons la conviction que ce qui est valable aujourd’hui ne le sera pas forcément demain, c’est pourquoi vous devez toujours vous projeter pour anticiper les évolutions de votre secteur d’activité.