La Viva Technology 2018, l’évènement incontournable de la Tech internationale

Entrepreneur

Depuis 2016, Viva Technology s’impose chaque année comme l’événement tech français incontournable. Organisé par Publicis Group et le Groupe Les Echos, ce salon est l’occasion de prendre le pouls de l’écosystème des startups et des innovations en France.

A l’instar du CES de Las Vegas aux Etats-Unis et de l’IFA à Berlin, les deux salons stars de l’innovation, Viva Technology commence à devenir année après année une étape incontournable dans l’agenda mondial du gotha technologique. Journalistes, entrepreneurs, investisseurs, influenceurs et personnalités publiques… Ils se sont tous donnés rendez-vous au Parc des expositions de la Porte de Versailles du 24 au 26 mai dernier afin d’arpenter les allées à la recherche de l’idée disruptive de l’année. Facebook, LVMH, Orange ou encore BNP Paribas, tous les groupes leaders sont venus voir robots, nano-satellites ou solutions environnementales des startups innovantes.

Cette année Viva Technology a rassemblé près de 1800 startups et près de 1400 investisseurs. Les deux premiers jours du salon étant réservés aux professionnels, de nombreuses figures politiques telles que le Secrétaire d’Etat britannique au Numérique Matt Hancock et Emmanuel Macron, mais aussi des patrons de grands groupes tel que Bernard Arnault et Mark Zuckerberg, ont fait le déplacement. Toujours à l’affût des innovations qui feront le monde de demain, nous avons décidé chez Fred de dresser un bilan de cette édition. Entre faits marquants et promesses d’avenir, voici ce qu’il fallait retenir du salon Viva Tech 2018.

Le gouvernement français s’engage en faveur des entrepreneurs

Leurs venues étaient attendues : Emmanuel Macron et le secrétaire d’État en charge du numérique Mounir Mahjoubi sont venus s’exprimer sur l’engagement de la France concernant l’entreprenariat. Le jeudi 24 mai, le président de la République a énoncé sa volonté de faire de la France un pays leader en termes d’innovations, au lendemain de sa rencontre avec une cinquantaine de dirigeants d’entreprises de la Tech internationale. Le chef de l’Etat a même appelé à une « régulation européenne » dans ce domaine, au même titre que le  récent règlement du RGPD. Le lendemain, c’est Mounir Mahjoubi qui est venu introduire ses 100 propositions pour simplifier l’entreprenariat, dont l’assouplissement du « French Tech Visa”, son envie de faciliter les ICOs (=levée de fonds en crypto-monnaie) ou encore la nécessité de créer un interlocuteur “startup” dans chaque ministère.

Ces mesures rentrent dans la « Mission French Tech » dont l’objectif est de créer un terreau économique et sociale favorable à l’éclosion et au développement des startups françaises dans le monde. Pour mener à bien ces stratégies, le secrétaire d’Etat a nommé Kat Borlongan à la tête de cette mission. Cette entrepreneuse trentenaire fondatrice de Five by Five, une agence spécialisée dans l’open innovation, aura la lourde tâche de développer quatre axes stratégiques : talents, croissance, rôle du gouvernement et communauté.

La guest-star de l’édition 2018 ? Mark Zuckerberg, of course

Il était certainement l’invité le plus attendu. Mark Zuckerberg, PDG de Facebook est intervenu le 24 mai devant un public conquis. Acclamé telle une rockstar déboulant sur scène par les 1500 spectateurs, et ce malgré les soubresauts de la récente affaire Cambridge Analytica, le milliardaire a livré un discours sobre sur les futurs engagements de Facebook. Il a notamment évoqué ses actions en faveur de la nouvelle directive RGPD (Règlement général sur la protection des données), son investissement massif dans l’intelligence artificielle en France et sur sa volonté de lutter efficacement contre les faux profils et les fake news qui pullulent sur son réseau social. Après avoir été entendu à Bruxelles le 22 mai et convié à l’Élysée pour la fameuse réunion « Tech for Good », le jeune prodige n’a pas hésité à complimenter la France pour sa politique interventionniste vis-à-vis de l’entrepreneuriat. Plutôt consensuelle, son intervention n’a pas fait de vague. Au final, sa venue a surtout permis un coup de projecteur médiatique bénéfique au salon parisien.

LVMH investit dans le digital

Partenaire majeur du salon, le leader mondial du luxe a sélectionné pour cette édition 30 startups parmi 800 candidatures du monde entier pour intégrer son Luxury Lab LVMH, son hub d’innovation. L’objectif ? Présenter le fruit de la collaboration entre ces entreprises innovantes et les différentes entités du groupe. Intelligence artificielle, réalité augmentée ou virtuelle, ces startups ont toutes proposées leurs solutions aux grandes marques comme Ruinart, la Samaritaine ou Guerlain afin d’incorporer plus de digital dans l’expérience client. La startup française Oyst, qui a développé un parcours en ligne des consommateurs avec la possibilité de payer en un clic, fut le grand gagnant de cette édition. Oyst souhaite généraliser un bouton de commande en un clic sur les sites marchands et les marketplaces, un peu similaire à 1-Click d’Amazon, afin de proposer une expérience d’achat en ligne plus fluide et plus adaptée au M-commerce. En plus d’un prix qui leur a personnellement été remis par Bernard Arnault, PDG du groupe, la jeune entreprise va intégrer la maison des startup de LVMH à la station F pour mener à bien cette collaboration.

Wingly, le Blablacar des airs prend son envol

Une autre startup française a brillé lors de l’évènement : Wingly qui a remporté le « TechCrunch start-up Battlefield Europe 2018 », créé par le site américain éponyme pour mettre en lumière les startups européennes les plus innovantes. Comme son homologue automobile, l’entreprise fondée en 2015 est une plateforme qui met en relation des pilotes d’avion privés et des voyageurs moyennant une commission de 4 euros et de 15 % du prix de la réservation pour un vol. En gagnant la compétition, Wingly a été gâté :  chèque de 25 000 euros, le droit de participer au « TechCrunch Disrupt » en septembre prochain à San Francisco et surtout une visibilité internationale sans précédent. Pour l’heure, la plateforme est déjà disponible en France, en Allemagne et au Royaume-Unis et peut se vanter de plus de 150.000 utilisateurs dont 10.000 pilotes privés. Après le covoiturage, le coavionnage prend son envol.

MAZE met la réalité virtuelle au cœur du management

Présentée en exclusivité lors du salon par KPMG, via sa filiale Carewan et en partenariat avec le cabinet Echappées Belles, l’application de réalité virtuelle Maze révolutionne le management émotionnel en entreprise. Dans cette expérience immersive, vous êtes plongé dans un labyrinthe, arbalète à la main, avec une mission : passer tous les obstacles et tuer le Minotaure. Vous pensiez que cette référence mythologique aux aventures de Thésée n’était qu’un simple prétexte pour se défouler façon jeu vidéo ? Pas du tout. L’objectif caché de Maze est de mesurer l’impact des émotions quant à la prise de décision dans un milieu hostile. Savoir peser le pour et le contre, mesurer ses actions en période de stress intense… En réalité, toutes les réactions du joueur dans le labyrinthe  sont analysées et une comparaison est alors effectuée avec le monde professionnel. Suite à cette expérience, l’utilisateur passe alors un entretien avec un coach d’Echappées Belles dont les questions sont centrées sur ses ressentis lors de l’immersion virtuelle. A la fin, ce dernier sera en mesure d’indiquer quel est son type de personnalité en fonction des réactions enregistrées : achiever, killer, explorer ou socializer.

Alice, le robot multifonction

Création purement française, limougeaude plus précisément, Alice est un robot mobile et autonome équipé de reconnaissance faciale, vocale et dotée d’une intelligence artificielle ultra-performante. Développé par la société Cybedroïd, ce droïde sait détecter les objets, les personnes et les expressions des visages, et peut ainsi répondre à des sollicitations de son entourage. Avec sa tablette tactile au niveau du torse et sa capacité à accompagner un humain lors de la visite d’un lieu, Alice est une véritable assistante intelligente de la vie quotidienne, autant pour des usages thérapeutiques auprès de personnes âgées qu’à des fins commerciales en tant qu’hôtesse d’accueil en magasin. Affichant une autonomie comprise entre 8 et 12h, vous risquez de commencer à croiser sa bouille à partir de l’année prochaine, date de sa commercialisation.

EVA XO1 veut nous faire échapper aux embouteillages

Autre pépite française, toulousaine cette fois, Electric Visionary Aircrafts a présenté une solution pour se déplacer dans l’espace urbain en échappant aux bouchons. Sorte de fusion entre un drone et un avion de poche, l’EVA X01 est un moyen de transport aérien, électrique et autonome que l’on croirait tout droit sorti d’un film de science-fiction. Cet objet volant identifié peut embarquer deux passagers, jusqu’à 250 Kg, parcourir une distance de 250 km et se recharge sur les même bornes que les voitures électriques. Aucun problème pour l’atterrissage puisque grâce à ses ailes rétractables et sa taille acceptable (5 mètres de long pour 2 de large), EVA peut se poser sur une place de parking. Pour l’heure, l’objet est présenté sous la forme d’une maquette à taille réelle et le premier prototype ne devrait voler que d’ici la fin de l’année. Mais ce projet de “taxi volant”, s’il arrive à son terme, risque bien de révolutionner les transports urbains.

Cette liste est évidemment non exhaustive tant les idées intéressantes ont fusées par centaine durant ce salon. Il nous est impossible de parler de chaque startup, de chaque prix et de chaque événement, mais soyez sûr que si une entreprise est présente sur place, c’est qu’elle risque de bientôt faire parler d’elle dans son secteur d’activité.