Toute la vérité sur les produits “Made in France”

Entrepreneur

Utilisé à toute les sauces, le « Made in France » semble avoir perdu de son aura tant il est galvaudé par les marques. A l’occasion de la Fête Nationale, nous nous sommes efforcés de séparer le bon grain de l’ivraie pour mettre au clair cette histoire. Simple label ? Définition juridique précise ? Qui peut l’utiliser et dans quelle mesures ? Pour étayer nos propos, Fred vous a sélectionné nos 5 entreprises “Made in France” préférées.

Dans la tête du consommateur, le contour est devenu flou, la définition presque confuse. Tout d’abord il faut savoir que le « Fabriqué en France » n’est pas un label en soit. C’est une mention ou un marquage d’origine que les entreprises choisissent, ou non, d’apposer sur leurs produits. Cette appellation reste contrôlée et les marchandises doivent répondre à des règles définies par la loi. N’est pas “Made In France” qui veut. Pour faire simple, dans le cas où des matières premières et des étapes de production s’effectuent en dehors de la France, 45% minimum de la valeur ajoutée du produit doit être faite dans l’Hexagone. Ainsi, pour pouvoir légalement mentionner l’origine française de son produit, l’entreprise doit se conformer aux « règles d’origine non préférentielle » mises en place par la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI). Selon la définition du Ministère de l’Economie, « l’origine non préférentielle permet d’établir la « nationalité » d’un produit quand des facteurs de production provenant de plusieurs pays interviennent : composants, matières premières et diverses étapes de la fabrication. [Ainsi], le produit prend l’origine du pays où il a subi la dernière transformation substantielle ».

Ainsi, pour qu’un produit soit estampillé « Made in France », il doit respecter ces 3 critères :  

  • Avoir une codification douanière différente de celles de ses matières premières et composants non français
  • Respecter un seuil maximum de valeur de ses matières premières et composants non français par rapport à son prix
  • Avoir fait l’objet en France de certaines opérations de transformation à partir des matières premières et composants non français

Seulement le problème avec ces critères,  c’est qu’ils sont relativement vagues et sujets à l’interprétation. Du coup, beaucoup de fabricants apposent ce fameux marquage sur des produits majoritairement fabriqués à l’étranger, mais qui ont “simplement” subis les dernières transformations en France. C’est notamment le cas dans l’alimentation comme le souligne Karine Jacquemart de l’ONG Foodwatch.

« L’évocation de la France sur les emballages frôle la surenchère. L’ambiguïté profite clairement aux industriels qui désinforment les consommateurs en toute impunité car à l’exception de la viande et du lait, rien ne contraint les fabricants à indiquer la vérité sur l’origine des produits qui composent nos aliments”.

Résultat certaines marques redouble de créativité pour tromper le consommateur à coup de drapeaux tricolores et autre logos fantaisistes sur les emballages. L’industrie agro-alimentaire n’est pas le seul secteur en proie à ces marques patibulaires, le monde de la mode regorge également de nombreuses enseignes qui jouent les équilibristes sur le fil de la légalité. Heureusement, de nombreuses autres entreprises respectent le consommateur en produisant tout en France, avec des matières premières bleu blanc rouge. Pour se différencier, et mettre en avant leur vrai travail d’origine française, ces marques doivent faire appel à des labels, plus stricts dans leurs règles, mais qui sont pour elles un gage de qualité inviolable .

Les labels du Made in France

Pour accentuer la notion de « production en France », et ainsi se différencier des marques qui truandent notre patriotisme, des labels spécifiques, plus stricts dans leurs cahiers des charges, existent. Par exemple pour obtenir le label « France Terre Textile », 75% des étapes de production doivent être effectuées en France. Il existe également le label « Origine France Garantie » qui atteste que le produit obtient ses caractéristiques essentielles en France et qu’entre 50 et 100% du prix de revient unitaire sont acquis dans l’Hexagone. Dernier exemple, le label « Entreprise du patrimoine vivant » qui est attribué par l’Etat aux entreprises françaises qui possèdent des savoir-faire ancestraux et industriels d’excellence. Pour montrer patte blanche, certaines entreprises redoublent donc d’efforts, un gage de confiance pour le consommateur.

Le retour de l’engouement pour le Made in France

Depuis la crise de 2008, un lot de vicissitudes angoissantes bombardent notre quotidien et notre jauge de morale nationale : chômage, récession, recul du pouvoir d’achat…Comme si le fier bateau “France”, sur lequel nous sommes tous, tanguait comme jamais dans l’océan d’une mondialisation déchaînée. En cas d’une tempête pareille, le réflexe de survie de l’équipage doit être cohérent, on sert le rang tout en se serrant les coudes. Le retour du “Made in France” est une réponse protectionniste à cette situation, un moyen d’auto-protection économique. La France n’est d’ailleurs pas la seule nation à avoir enclenchée ce virement de bord.

D’après les chiffres du Ministère de l’Economie, les ¾ des consommateurs interrogés se déclarent prêts à payer plus cher pour du « Made in France ». Dans l’esprit commun, un produit fait en France est un produit de qualité, parfois fait à la main, éco-responsable et respectueuse du droit du travail. Ainsi, 95% se disent prêts à défendre les emplois français en soutenant l’industrie nationale. Et les entreprises suivent la tendance.

Acheter français devient presque un acte de conscience militante, une symbiose parfaite entre les sphères économiques, écologiques et sociales d’une personne.

Pour preuves, le 15 mai dernier a été inaugurée par Françoise Naudet et Virginie Millet, le maire du IIIème arrondissement Pierre Aidenbaum et Arnaud Montebourg, la « Rue du Made in France« . Son objectif est de sensibiliser les consommateurs aux savoir-faire français et à la consommation locale. Les magasins au croisement de la rue du Vertbois et de la rue Volta, dans le IIIème arrondissement, accueillent depuis cette date plus de 130 marques. Réunies dans 2 concept-stores et 5 boutiques, elles sont toutes françaises et produisent dans l’Hexagone des objets de mode, de design ou d’art de vivre. Présentes jusqu’au 15 juillet 2018, vous ne pourrez certainement pas rater l’endroit puisque les passages cloutés et les potelets de rue sont peints en bleu-blanc-rouge. Une belle initiative, malheureusement temporaire… Autre exemple de cet engouement, le salon annuel du Made in France ou « MIF Expo », qui réunit consommateurs et professionnels et qui se tient maintenant depuis 7 ans. Les 10, 11 et 12 novembre 2018 prochain, ce seront près de 450 exposants qui viendront présenter leurs produits fabriqués en France, tous secteurs confondus.

Après cette mise au point nécessaire, l’équipe de Fred décide de pousser un cri de coq en mettant à l’honneur nos 5 marques françaises préférées du moment.

Môme Kawet, la nouvelle alliée de l’été

Môme Kawet c’était le surnom que les frères de Catherine Mas lui donnaient alors qu’ils jouaient les pieds dans l’eau à l’Ile de Ré dans les années 70. Pendant toute son enfance, elle chipait leurs shorts de bain pour se couvrir, un vêtement bien plus pratique pour courir sur la plage et se dépenser sans compter toute une après-midi. Mais un vêtement pas vraiment destiné aux filles pour l’époque. C’est ainsi que, des années plus tard, Catherine réalise son rêve de petite fille : elle conçoit elle-même une version féminine du short de plage en créant la jupe de bain. Elle lance donc sa startup en avril 2017 à Lyon, et la baptise d’après son surnom d’enfance. Une jupe est un vêtement fort, synonyme à la foi d’émancipation et d’élégance. Les jupes de bain Môme Kawet conservent donc cette ligne directrice tout en proposant un vêtement confort à enfiler par-dessus votre maillot de bain. Que vous soyez à la plage, sur le pont d’un bateau ou en même ville pour une tenue décontractée. Entièrement produites dans la région Rhône-Alpes, ces jupes sont déperlantes, anti-UV, anti-abrasion et sèchent très rapidement. Localisée à l’incubateur lyonnais « Les Premières », la startup gagne peu à peu ses lettres de noblesses auprès des professionnels de la FashionTech. Après la Foire de Paris, le salon UNIQUE by Mode, les jupes Mômes Kawet seront au Salon du Made in France en novembre prochain. Pour ce qui est de cet été vous pouvez trouver cette ligne de jupe à la Maison Gerbe à Paris et sur le site internet de la marque qui sera lancé le 15 juillet prochain. D’ailleurs il se murmure que de nouvelles couleurs et des imprimés arrivent très bientôt et qu’une robe de bain est prévue pour l’été 2019…

Le mobilier façon cocottes en papier de Cocotte Métal

Acculé par l’omniprésence médiatique des pays scandinaves et l’indémodable raffinement baroque italien, le design français peine parfois à exister sur le devant de la scène. Certes, il existe quelques têtes d’affiche comme Philippe Starck ou les frères Bouroullec, mais ils se transforment beaucoup trop à notre goût en “designer-sandwichs”. Plus terre à terre dans son but, l’entreprise Cocotte Métal tente de renouer avec la simplicité du design français : du mobilier fonctionnel et modulable aux courbes plongeantes. Pour cela l’entreprise DVAI, spécialisé dans la production de pièces inox pour l’industrie, décide de s’associer avec des designers pour proposer des lignes de meubles originales. En 2010 la collaboration avec le studio de Clémence et Anna, Twin Truc, aboutit sur la toute première collection de Cocotte Métal. Des meubles en aluminium légers, faciles à plier à la main et qui prennent la forme d’origami. S’ensuivent de nouvelles rencontres avec des designers qui, séduits par le concept, se joignent à l’aventure : Louis Marraud des Grottes, Rémi Bouhaniche et Gaël Chesnet viennent eux aussi apporter leur touche personnelle au mobilier en alu. Entièrement produit dans leur usine en Ile-de-France, le mobilier est fabriqué à la demande. Cela leur permet d’éviter la surproduction, de garantir une certaine qualité mais aussi de proposer une offre personnalisable. Il est en effet possible de choisir parmi une palette de 30 coloris pour créer un meuble sur-mesure. Que les angoissés du montage se rassurent, adieu vis et marteau, les meubles sont comme des cocottes en papier. Vous dépliez puis vous assemblez et c’est monté en un tour de bras.

La maroquinerie Made in France de Bleu de Chauffe

Malgré son nom, la jeune marque française Bleu de Chauffe ne vend pas des vêtements de travail à destination des ouvriers mais plutôt de la petite et grande maroquinerie. Créée en 2009, la marque s’est rapidement fait un nom dans le cercle des bagagistes français grâce à des créations 100% artisanales d’une exceptionnelle qualité. Il faut dire que les deux créateurs, Alexandre Rousseau-Viel et Thierry Batteux, ont été sur les banc d’une bonne l’école puisque ce sont deux anciens designer en maroquinerie de la marque le Coq Sportif. Depuis 2009, Bleu de Chauffe propose des sacs pour hommes et pour femmes dans un esprit « workwear » s’inspirant de l’époque industrielle. Les sacs sont conçus de façon traditionnelle par les artisans de leurs ateliers de l’Aveyron, qui sont réputés pour leur dextérité, leur expérience et leur savoir-faire. Les coupes, les façons et les piqûres sont faites à la main et vous trouverez à l’intérieur de chaque sac une étiquette sur laquelle est indiquée la date de sa fabrication, mais également le nom de l’artisan qui l’a réalisé. En plus de cela, il est tout à fait possible de faire graver au fond du sac les initiales de l’artisan. Engagé, Bleu de Chauffe met également un point d’honneur à protéger l’environnement. En effet, il faut savoir que le tannage des cuirs est une activité particulièrement polluante qui nécessite une grande consommation d’eau. Pour résoudre ce problème, la marque utilise un procédé de tannage végétal, c’est-à-dire qu’ils n’utilisent pas de produits chimiques comme le chrome, mais des agents végétaux tels que le mimosa, le châtaignier ou l’acacia. Pour ce qui est de l’eau utilisée pendant le processus, elle est ensuite décantée, retraitée et relâchée saine dans les rivières de la région. Cette engagement esthétique et écologique a évidemment un coût mais entre une sacoche Zara et un sac Chanel, Bleu de Chauffe prouve qu’il est possible de trouver un juste milieu.

Royalties Paris ou les French Chaussettes

Plusieurs pays sont réputés pour leurs chaussures, mais pour ce qui est des chaussettes, c’est bien l’Hexagone qui en ce moment domine les débats. Autrefois simple accessoire de pantouflards, la chaussette est devenu depuis quelques années un véritable objet de plaisir. C’est en tout en cas la conviction de Emmanuelle Plescoff et Timothée Pic, deux anciens salariés de la maison Christian Lacroix, qui fondent en 2011 Royalties. Leur but ? Faire twister un accessoire de mode classique et fonctionnel en un objet sensationnel.  Que ce soit par les couleurs, les motifs, le graphisme ou encore le relief, la chaussette admet une certaine liberté en termes de style et de créativité. Les chaussettes Royalties sont conçues pour être douces, confortables et résistantes. La marque travaille avec l’atelier Broussaud qui produit des chaussettes et des collants depuis 1938. Les fils de coton utilisés viennent d’Italie et sont teints dans le nord de la France près de Roubaix. Déclinées pour hommes, femmes et enfants, les chaussettes Royalties affichent des motifs aussi classiques que originaux, revisitant parfois des références artistiques, et se permet même de varier les méthodes de tricotages. Une chose est sûre, avec avec Royalties impossible de ne pas trouver chaussette à votre pied.  

Art Of Soule, les espadrilles Made in Biarritz

Chaque été pour  aller danser, bronzer ou faire du vélo, elle en a toujours sous la semelle ! L’espadrille est incontestablement la chaussure qui rime avec les vacances. Typiques de la région du Pays-Basque, elles sont empreintes d’une histoire qui date du XVIIIème siècle. Pour perpétuer cette tradition Julien Maisonnave et Mathieu Labat ont crée Art Of Soule en 2008, se lançant tout deux dans la fabrication Made in Biarritz d’espadrilles de Mauléons aux couleurs des clubs de rugby du Sud-Ouest. Dès le départ, il était important pour eux de produire Made in France pour aller à l’encontre des espadrilles à bas prix que l’on trouve partout aujourd’hui en supermarché. Art of Soule s’emploie à ne travailler qu’avec des ateliers, usines, sérigraphes, brodeurs et ennoblisseurs français. Forte de son succès, la jeune marque multiplie alors les licences et créée des espadrilles Tour de France, All Blacks, Paris-Saint-Germain, Sex Pistols et même Barbapapa ! C’est alors que leurs fournisseurs les défient d’étendre leur marché à toute la côte basque. Et le défi est relevé, en 2011, les espadrilles Art Of Soule ne sont plus présentes qu’au Pays-Basque, mais dans toute la France. Leur force ? La marque produit ses espadrilles de manière traditionnelle et les déclinent dans les coloris et les imprimés les plus estivales : fleuries, rayées, wax, rouges ou bleues, pour hommes, femmes et enfants, il y en a pour tous les goûts et pour tous les styles.