La PME, poumon de l’économie française

À l’origine de 80% des créations d’emplois, les PME sont les pollinisateurs de la vie économique et sociale française. Dynamiques, malgré une désindustrialisation galopante, elles doivent cependant faire face à de nombreux défis notamment en matière d’exportation et de fiscalité.

4 400% de croissance de son chiffre d’affaires entre 2014 et 2017. Un chiffre qui ferait rêver de nombreuses vedettes du CAC 40. Dans son classement annuel des 500 entreprises les plus dynamiques de France, publié en février dernier par le magazine  Les Échos Week-end, l’entreprise BIS Rénovation Energie coiffait tout le monde d’une large tête. Basée dans l’Eure, cette société spécialisée dans la rénovation thermique, emploie actuellement 80 salariés. Comme quoi, le nombre ne fait pas forcément la force en économie. Et ce n’est pas un cas isolé. Sur la même période, Monabee, un fournisseur d’équipement d’énergie solaire basé près de Lyon, affichait une croissance de son CA de 2 800% pour « seulement » 22 salariés.  Ce classement donne cependant une image un peu raccourcie du dynamisme entrepreneurial de notre pays. Même si toutes les structures sont présentes dans ce top 500 – start-ups, grands industriels, PME et entreprises familiales – cette équilibre tient essentiellement grâce au rôle de ciment que joue les PME.

Les français amoureux des PME

S’il existe bien un domaine où les dirigeants de PME n’ont pas trop de soucis à se faire, c’est en ce qui concerne leur popularité. Selon la récente étude «  La perception des Français à l’égard des PME «  77% des sondés expriment spontanément leur attachement profond envers les PME, contre 28% pour les grandes entreprises. Un lien de confiance et de proximité qui tient autant de la dimension humaine de ces structures, que des engagements responsables et sociaux des dirigeants de PME. En effet, 84% des personnes interrogées estiment que la promotion, la production et la diffusion en circuit court des produits locaux sont une priorité des PME.  Ils ne sont que 27% à partager cette opinion vis-à-vis des grands groupes. Intrinsèquement liées aux territoires, les PME apparaissent comme plus centrées sur le consommateur et le salarié, innovante et productrice de meilleure qualité. Selon Assaël Adary, président de la société de conseil Occurrence, il existe une parfaite adéquation entre la perception et la réalité des faits.

« L’histoire d’amour entre les Français et les PME se corrobore dans les faits. Pour les Français, les PME ce sont des femmes et des hommes au service d’un territoire, pas seulement un enjeu économique mais un enjeu de fécondité des territoires. Ce n’est pas pour rien qu’elles sont à l’origine de 80% des créations d’emplois ».

Pieds et poings liés par la fiscalité  

Malgré un tissu productif dense et une indéniable estime, les individus sondés ne sont pas dupes. Pour 86% d’entre eux, les PME font face à une fiscalité trop lourde et 65% sont d’avis que les contraintes légales et réglementaires entravent leur croissance. En mars, un rapport de l’Institut des politiques publiques (IPP) démontre que les grandes structures profitent généralement de taux effectifs inférieurs aux autres entreprises en matière de fiscalité. Tandis que le taux implicite moyen d’imposition est de 17,8% pour les grandes entreprises, il grimpe à 23,7% pour les PME. Clément Malgouyres, un des économistes en charge de ce rapport, regrette la complexité des règles d’imposition en faveur des PME.  

« Cette forte hétérogénéité des taux implicites entre entreprises françaises, non expliquée par des facteurs économiques observables, est le reflet de la complexité des règles fiscales. On peut ainsi légitimement s’interroger sur le fondement économique de telles différences de traitement entre entreprises ».

La transformation numérique des PME, un sujet brûlant

Autre sujet épineux en phase d’amélioration, la transmission. Pour Didier Chabaud, économiste à l’IAE-Sorbonne à Paris, la récente modification du pacte Dutreil est une bénédiction.

« Les PME et les entreprises de taille intermédiaires (ETI) sont ancrées dans leurs territoires et ont des perspectives à long terme. Jusqu’au pacte Dutreil, il y avait une vraie hémorragie chez les entreprises familiales. On observe maintenant un basculement. Maintenant, les chefs d’entreprise peuvent plus facilement transmettre ».

Les PME doivent également faire face à un déficit de talents sur certains profils. Pour combler ces problèmes d’embauches, le gouvernement a lancé le volontariat territorial en entreprise (VTE). Un dispositif identique au volontariat international en entreprise (VIE) qui a beaucoup de succès auprès des jeunes diplômés. Enfin, une étude du cabinet TERA parue en 2018 met l’accent sur le retard des PME françaises en matière de transformation numérique par rapport à ses voisins européens. Classée 18ème, le rapport indique que si la France avait la même proportion que la Suède pour le développement numérique de son tissu de PME, elle pourrait créer 500 000 emplois supplémentaires.

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