L’actualité des start-ups en 2019

Suivre l’actualité des start-ups est bon moyen pour tout chef d’entreprise de garder un oeil avisé sur le paysage entrepreneuriale qui l’entoure. Levée de fonds, actualités RH ou digitales… À l’aube des vacances d’été, nous vous proposons un condensé en cinq points des faits entrepreneuriales marquant de ce début d’année.

Pas un jour ne passe sans que le grand laboratoire créatif des starts-ups françaises ne se mettent à bouillonner sous son couvercle. Devant tant d’informations, il est parfois difficile pour un chef d’entreprise d’effectuer un travail efficace de curation. Votre bonne conscience professionnelle vous a pourtant poussé à vous abonner au quotidien “Les Échos”, malheureusement les éditions, encore sous blister, s’empilent irrémédiablement sur votre bureau et finissent, telle une chorégraphie mortuaire, à la poubelle chaque fin de semaine. Pourtant, comme vous le savez, être au fait de certaines tendances permet de mieux décrypter ses propres actions et anticiper ses propres leviers d’innovation. Voici donc une liste (non-exhaustive) de cinq actualités start-ups marquantes de cette première moitié d’année 2019.  

Le chiffre optimiste : 15,7%

C’est la part de la population française, âgée de 18 à 64 ans, qui se dit prête à fonder une entreprise dans les trois prochaines années. Ces intentions sont supérieures à la moyenne européenne (11,9%) et à celle des États-Unis (11,7%). La dynamique entrepreneuriale française est bel et bien en marche puisque 691 300 entreprises ont été créées en 2018, soit 100 000 de plus qu’en 2017.

Évidemment, pour parfaire cette grille d’analyse, il faut également prendre en compte la bonne dynamique des freelances et des travailleurs indépendants, mais également des start-ups. Elles sont près de 10 000 actuellement sur le territoire et pourraient atteindre les 13 000 d’ici 2022. D’ailleurs, l’écosystème digital français fait parti du podium 2018 des pays européens captant le plus d’investissements. Avec 3,644 Mds € investis l’année dernière, la France rattrape la deuxième place occupée par l’Allemagne (4,036 Mds €) mais reste encore assez loin du Royaume-Uni avec ses 7,168 Mds. La France est-elle en train d’effectuer sa mue de “start-up nation”en “scale-up nation” ?

La tendance digitale : des relations start-ups – grands groupes plus matures ?

Moins d’effets d’annonces stériles, mais davantage de business. Voici la principale conclusion du « Baromètre de la relation start-ups/grands groupes 2019 »*, les les pépites tech sont désormais de plus en plus exigeantes vis-à-vis des grandes entreprises.

La « start-up mania » de ces dernières années, qui a vu l’explosion des incubateurs, des accélérateurs et des événements organisés par les grandes entreprises (hackatons, programme d’intrapreneuriat…), semble enfin se rationaliser.

Auparavant, beaucoup de grands groupes travaillaient avec des start-ups pour simplement améliorer leur image ou pour offrir des services innovants à leurs employés.

Aujourd’hui, ces relations purement cosmétiques font place à des collaborations métiers afin que des innovations puissent déboucher sur une industrialisation comme l’explique Seddik Jamai, le vice-président du service Fintech chez Capgemini Invent.

« On entre dans une phase de maturité. Les grands groupes font moins appel aux start-ups pour divertir leurs employés et davantage pour se transformer de manière effective. De leur côté, les start-ups sont de plus en plus conscientes de leur valeur, elles deviennent de fait plus exigeantes et ont une approche beaucoup plus business. N’oublions pas que c’est leur préoccupation première dans cet échange ».

D’après cette même étude, près de 79% des start-ups et 86% des grandes entreprises estiment que leurs collaborations sont fructueuses et que les cultures d’entreprise sont globalement bien assimilées par chacun des protagonistes. Pourtant, alors que cette relation semble équilibrée pour 73% des grands groupes, seulement 46% des start-ups semblent l’approuver, notamment à cause d’un déficit d’accompagnement et d’une certaine inertie sur toute la chaîne de collaboration. Que ce soit en termes de prise de contact, de décision, d’exécution business et même de paiements, les grands groupes ont un problème en matière de culture de décision, là où la pépite tech a besoin d’agilité et de réponses rapides.

Cette incompréhension culturelle s’explique par des motivations différentes. Tandis que 73% des grands groupes collaborent avec des start-ups pour principalement améliorer leurs expériences utilisateurs et leurs processus internes, les jeunes pousses, elles, cherchent avant tout à augmenter leur chiffre d’affaires (73%) et à ajouter de nouvelles références crédibles pour rassurer ses futurs investisseurs et ses prospects.

Levées de fonds et start-ups, vers un nouveau record ? 

Assurément, ce début d’année 2019 restera dans les annales en la matière. Depuis janvier, les start-ups françaises ont levé près 2,8 milliards d’euros, soit un bond de 32% sur un an à la même période, avec en point d’orgue l’arrivée de trois nouvelles licornes. D’ailleurs, sur les 134 opérations, près de la moitié a eu lieu en série B, un tour de table pour consolider et bâtir l’offre commerciale après celui de l’amorçage, ce qui permet à la France de rattraper son retard sur les grosses opérations par rapport aux marchés voisins, plus matures comme le Royaume-Uni et l’Allemagne.

La médaille d’or du semestre revient à la plateforme de retouche pour photographes Meero (205 millions) suivie par l’ambitieuse start-up de prises de rendez-vous médicales Doctolib (150 millions). Pour compléter ce podium, deux autres start-ups ont chacune levé 100 millions, à savoir Ynsect, un fournisseur de fertilisants naturels pour les cultures alternatives, et ManoMano, un acteur du bricolage et du jardinage en ligne.

Ce démarrage record permet également de débloquer le compteur des licornes françaises. Notre pays en compte désormais 7, contre “seulement” 4 fin 2018. Doctolib, Meero et Ivalua, un logiciel B2B qui a officialisé un tour de table à 60 millions en juin, rejoignent le club privé composé d’OVH, BlaBlaCar, vente-privee.com et Deezer. Pour informations nos voisins anglais et allemand en compte respectivement 16 et 9.

L’anticipation RH : place aux « superjobs »

Entre le partage des tâches avec des intelligences artificielles et l’obsolescence accélérée des compétences, le marché du recrutement aura d’ici quelques années des allures de Far-West. La détection et la rétention des talents deviendra de plus en plus compliquée. C’est en tout cas ce qu’indique le cabinet Deloitte dans sa dernière étude mondiale sur les tendances du capital humain intitulé « Devenez une entreprise sociétale ». Tandis qu’aujourd’hui les recruteurs sont à la recherche de talents hybrides, alliant soft skills (management, pédagogie…) et hard skills (marketing, programmation basique…), ils devront bientôt passer à un niveau supérieur en établissant des grilles de « superjob ».

Rassurez-vous, pas besoin de tomber dans l’anonymat comme Clark Kent ou de porter des collants comme Peter Parker pour aller travailler. Le terme « superjob » indique que demain les start-ups ne devront plus raisonner en termes de métiers ou d’emplois, mais de tâches et ainsi démultiplier les compétences au sein d’un seul et même service. Cela pourra englober une suite de tâches potentielles, de responsabilités et de compétences techniques et humaines jusque-là issues de métiers totalement différents. Et cette tendance ne se veut pas élitiste et réservée seulement aux cols-blanc, elle s’appliquera à de nombreuses catégories de métier.

Pour preuves, dans cette étude d’anticipation, le métier d’hôte de caisse est pris en exemple. En plus d’assurer l’interface entre l’homme et la machine, la personne devra comprendre les émotions des clients, être au fait des différents moyens de paiements mobiles ou encore interpréter les données en temps réel pour ajuster les flux. Nul besoin de boire de la potion magique pour créer ces « superjob », il faudra surtout que la formation interne devienne la pierre angulaire de votre stratégie RH. Pour chaque start-up, la capacité à faire évoluer professionnellement ses propres salariés deviendra un élément majeur de différenciation. Pour pallier le décalage pédagogique (théorie-pratique) du système scolaire, l’entreprise devra proposer à ses collaborateurs un plan de développement professionnel et personnel en adéquation avec leurs aspirations et leurs capacités.

L’objet du futur : l’ordinateur quantique d’IBM

Voici un objet qui risque de faire saliver un bon nombre de programmateurs au sein des entreprises françaises. En janvier dernier , le géant informatique a présenté le Q System One, le premier système quantique compact et intégré, que l’on peut utiliser en dehors d’un laboratoire spécialisé. Tel un bijou dans son écrin, cet ordinateur est protégé par une vitrine de verre borosilicate, le même matériau qui protège le tableau de la Joconde au Louvre.

Derrière cet effet d’annonce bien orchestré, il est peu probable que beaucoup de start-ups soient en mesure d’investir prochainement dans cette machine d’une puissance de 20 Qubits, se dessine tout de même une nouvelle étape pour l’industrie mondiale. Certes, il faudra attendre quelques décennies avant de pouvoir exploiter massivement la technologie quantique et déployer ses applications métiers, mais cela laisse rêveur. Et pour tous ceux qui ont encore du mal à se faire une idée concrète du sujet, voici une analogie, très pédagogique, donnée Pascale Senellart-Mardon, directrice de recherche au CNRS, lors d’une interview pour le site www.pourlascience.fr en mai dernier.

« Rechercher la solution d’un problème revient à essayer de faire traverser un labyrinthe complexe par un personnage. Si c’est un ordinateur classique qui aide ce personnage, il lui fera, à chaque embranchement, essayer toutes les voies, rebrousser chemin au bout de chaque cul-de-sac, puis recommencer jusqu’à trouver la sortie. Il se peut que, par chance, le personnage trouve vite comment traverser, mais il se peut aussi qu’il meure avant que l’exploration systématique ne lui ait révélé la sortie du labyrinthe…

Si c’est un ordinateur quantique qui assiste le personnage, il le « superposera », à chaque embranchement, à un alter ego qui explorera l’autre voie. En d’autres termes, on aura simultanément l’état représenté par le personnage allant à gauche et l’état d’un alter ego allant à droite. Résultat : en une passe, l’ordinateur quantique fait essayer en parallèle toutes les voies au personnage. Un témoin présent à la sortie permettra alors d’extraire, parmi la multitude d’alter ego, celui qui aura traversé le labyrinthe – autrement dit la solution au problème posé. »

*Étude réalisée par le cabinet de conseil Capgemini et le village By CA  du Crédit Agricole 

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