Le collaborateur : la passerelle entre le chef d’entreprise et le cabinet comptable

Une bonne relation entre un entrepreneur et son cabinet comptable est primordiale car elle détermine la qualité d’accompagnement tout au long des différentes phases de croissance d’une entreprise. En mettant au cœur de leur organisation leurs collaborateurs, certains cabinets modernisent avec brio la relation client dans le monde de l’expertise-comptable. 

La première impression est souvent décisive. Lorsqu’un chef d’entreprise se retrouve sur le site internet du groupe d’expertise-comptable et de conseil Baker Tilly Strego, il comprend rapidement que la modernité n’est pas incompatible avec la profession. Cela peut paraître anodin, mais peu de cabinets possèdent une vitrine aussi complète, ergonomique et dans l’air du temps. Piqués au vif dans notre curiosité, nous souhaitons aller plus loin et ainsi voir si le ramage se rapporte au plumage. Un rendez-vous est pris avec David Carvalho, expert-comptable diplômé dans un cabinet tourangeau du groupe.  Après une heure d’échange, une confirmation : notre première impression sur le cabinet Baker Tilly Strego fût, effectivement, la bonne. 

En quoi ton parcours, plus atypique que la moyenne, est-il finalement une véritable force dans tes échanges au quotidien avec les chefs d’entreprise ?

Il faut bien comprendre que dans notre métier, il existe parfois une distance entre des profils très techniques et des parcours plus transversaux. Les premiers sont de vrais magiciens du chiffre, mais ils ont quelques lacunes dans les domaines annexes du management, de la communication et sur certains aspects commerciaux. Ce qui est normal, ces notions sont très peu abordées dans les filières classiques. Titulaire d’un master 2 de management de l’ESC de Clermont-Ferrand, j’ai préparé le diplôme du DSCG en candidat libre. Cela m’a permis d’ouvrir mon champ des possibles sur ces domaines qui sont pour moi essentiels aujourd’hui dans ma relation avec les chefs d’entreprise. En effet, un bon expert-comptable doit avoir un regard transversal sur ses entreprises clientes. De plus, les parcours en écoles de commerce favorisent les années de césure et d’apprentissage. Résultat, en arrivant sur le marché du travail, je me suis retrouvé avec deux ans d’expérience en entreprise. Cela permet aussi d’être plus à l’aise dans son métier et avec les codes d’un cabinet. Chaque métier a son espéranto et ses modes de fonctionnement, plus vite un collaborateur les acquiert, plus vite il se sent bien, délivre du travail de qualité et gagne une réelle capacité d’écoute et d’empathie auprès des chefs d’entreprise.  

Du coup, penses-tu qu’il faudrait réadapter la formation actuelle pour qu’elle colle mieux avec les réalités concrètes du terrain ?

 Ce n’est pas propre à l’expertise-comptable, il existe dans de nombreux secteurs un décalage entre la théorie et la réalité du terrain. Avec les nouvelles technologies, le monde professionnel évolue à une vitesse galopante. Dans les cabinets, j’observe que les mentalités se transforment et que ces parcours atypiques sont de plus en plus considérés à leur juste valeur. De toutes les manières, avec l’adoption de l’intelligence artificielle et la robotisation, nos compétences purement techniques deviendront dans les années à venir secondaires. L’avenir de notre métier réside donc dans la transversalité de nos compétences. Un expert-comptable est comme un médecin généraliste, il ne peut pas exceller dans tous les domaines mais il doit avoir une vision globale des chiffres pour ensuite, si nécessaire, diriger le chef d’entreprise vers des spécialistes notamment dans des domaines de gestion de patrimoine, de financement…  

Comment juges-tu la culture organisationnelle au sein de Strego et plus globalement au sein de la profession comptable ?

 Du haut de ma jeune expérience, je remarque que la structure pyramidale, propre à notre profession, s’effrite et que les cabinets sont en train de centrer au cœur du système l’élément clef :  le collaborateur. C’est un aspect essentiel, ce sont les collaborateurs qui, quotidiennement, échangent avec les chefs d’entreprise. Ils sont la passerelle entre le cabinet et l’entreprise, mais également les garants du service client. Du coup chez Baker Tilly Strego, tout est mis en œuvre afin de faire remonter les informations du bas vers le haut. Les cabinets ont pris la mesure de l’importance des « feedbacks » des chefs d’entreprise à travers les collaborateurs. 

À l’avenir, les cabinets comptables doivent-ils s’inspirer des méthodes de management du monde de l’entreprise ?

De mon avis personnel, c’est une évidence. Il ne faut plus enfermer l’expertise-comptable dans son carcan strictement libéral. Les cabinets doivent se transformer en société d’expertise comptable avec des ambitions commerciales et des objectifs de rentabilité, tout en gardant une rigueur dans l’accompagnement du chef d’entreprise. Mettre en place des routines de management calquées sur le monde professionnel est à mon sens, le seul moyen d’éradiquer le fléau actuel de notre profession, le « turn-over ». Les cabinets doivent s’inspirer des méthodes des entreprises pour enfin s’organiser dans la détection et la rétention des meilleurs talents. Des horaires plus souples, le développement du télétravail, proposer plus d’activités de groupe… Des choses simples, pour que chaque collaborateur se sente bien. Cela peut paraître une évidence pour de nombreux salariés, mais notre métier part de loin en matière de gestion des relations humaines.  

Quels types d’activités le cabinet Strego met-il en place afin de renforcer la cohésion des équipes ?

En 2017, le cabinet proposait sur la base du volontariat de s’inscrire au marathon de New-York. Les équipes pouvaient alors se préparer et s’entraîner ensemble, échanger des conseils en matière d’équipement ou de nutrition. Ce projet annexe a permis de souder les équipes en dehors de la sphère du travail en se fixant des objectifs de plaisir et de santé. Le succès fût au rendez-vous, du coup nous préparons en équipe actuellement le marathon de Berlin 2021. 

 

 

Recevez les prochains articles
par e-mail.

Inscrivez-vous à la newsletter et recevez chaque mois un condensé de tous nos articles directement dans votre boite e-mail.

- Vous aimerez aussi - Vous aimerez aussi

Chefs d’entreprise, connaissez-vous la culture “cash” ?

En France, la majorité des dépôts de bilan d’entreprises est lié à des problèmes de trésorerie. Pour Olivier Pointcheval, expert-comptable de formation et dirigeant de la société Know Your Finances, il existe une solution préventive à cette pandémie. L’adoption par le chef d’entreprise d’une culture « cash ».

Les méthodes de management de l’apnéiste Guillaume Néry

Multiple recordman du monde d’apnée, écologiste placide et explorateur des profondeurs, Guillaume Nery pratique sa discipline comme un art total. Si bien que sa philosophie s’assume comme un modèle de management en matière de gestion du risque et de la performance en entreprise.

La PME, poumon de l’économie française

À l’origine de 80% des créations d’emplois, les PME sont les pollinisateurs de la vie économique et sociale française. Dynamiques, malgré une désindustrialisation galopante, elles doivent cependant faire face à de nombreux défis notamment en matière d’exportation et de fiscalité.