L’habit ne fait pas le moine ! Que puis-je passer dans mes charges ?

Compta

Un bon conseil pour les entrepreneurs.

Sans être exagérément coquet, il arrive que le start-upper éprouve le besoin d’enfiler une tenue vestimentaire différente de son habituel combo Sneakers, Jeans, T-shirts/Hoodies/Chemises (IT Vs Com). C’est notamment le cas lorsqu’à l’occasion d’une levée de fonds il doit s’adresser à un aréopage de financiers trop souvent persuadés que l’habit fait le moine.

S’il ne possède pas l’éloquence et le pouvoir de conviction de Oussama Ammar, notre jeune patron de start-up cherchera à rassurer son auditoire en soignant son apparence !
L’achat d’un costume de marque, voire même, horresco referens, d’une cravate, pourra alors lui sembler relever exclusivement de l’obligation professionnelle la plus stricte et, en tant que telle, ouvrir droit à une comptabilisation dans les charges d’exploitation de son entreprise.

D’ailleurs, il n’est pas invraisemblable qu’un oncle notaire ou un ami de sa famille professeur de médecine lui ait laissé entendre que la déduction d’un ou deux costumes de ville par an était une chose naturelle, voire bien méritée, lorsque l’on exerce une activité en vue.
FRED DE LA COMPTA, s’il n’y connaît rien en médecine, a en revanche potassé le code général des impôts et aussi le bofip, qui en est en quelque sorte le mode d’emploi.

Il sait donc que (bofip 5-f-2542) :

« Les dépenses d’habillement des salariés ne constituent des frais professionnels que si elles se rapportent à des vêtements ou tenues spécifiques à la profession exercée ou qui, sans être à proprement parler spécifiques à cette profession, lui sont caractéristiques »

Solution également valable pour les patrons de start-up.

Le beau costume et la cravate assortie étant susceptibles d’être portés à titre privé, fût-ce à titre de peu agréable corvée, la déduction de la facture n’en est pas autorisée, n’en déplaise aux amis de la famille qui savent tout mieux que tout le monde.

Suivant ce raisonnement, un vérificateur a pu se livrer à un redressement à caractère macabre en refusant la déduction de frais d’achat des tenues de cérémonie de croquemorts que l’entrepreneur de pompes funèbres avait eu la mauvaise idée d’acheter dans un magasin de vêtements généraliste, laissant ainsi supposer qu’il pouvait s’agir de vêtements à usage privé, au lieu de les payer plus cher dans un magasin spécialisé dans le vêtement professionnel mais dont les factures auraient été un blanc-seing fiscal.

On voit par là qu’en matière fiscale comme dans une levée de fonds, le contenu et l’apparence sont indissociables.